Siméon se taisait. Picrate conclut:

—Absolument rien!... J’aime autant ça. S’il y avait la moindre petite chose, ça m’ennuierait!... Mais rien!... Oui, A est A. Tant pis pour «A est A»! N’est-ce pas, Siméon, que nous pouvons bien négliger «A est A»?... J’irai au bagne. Adieu, Siméon.

Siméon voulut répliquer.

—Mon pauvre Siméon,—dit Picrate,—ne te mets pas en peine. Mais comment peux-tu vivre, toi, dans ce désastre?... Adieu. Ou plutôt non; pas tout de suite: nous sortirons ensemble. Tu me conduiras, un bout de chemin. Veux-tu?...

—Qui sait—hasarda Siméon—si tu n’oublierais pas, avec le temps, assez pour te reprendre à vivre?

Mais Picrate haussa les épaules:

—Attends-moi!...

Il s’aperçut que le jour luisait. La lumière de sa lampe semblait une petite veilleuse. Il la souffla. Le ciel morne d’un matin pluvieux entra dans la chambre.