VI

ÉPILOGUE

Picrate s’apprêtait.

Il avait enlevé son veston, ouvert le col de sa chemise. A grande eau, il se lavait. Sa cuvette était installée par terre, devant un morceau de miroir. Ses mains, son éponge, sa tête penchée barbotaient dans l’eau, éclaboussant le mur, le plancher, Siméon... Il se frotta d’une serviette, avec entrain.

La fraîcheur de l’ablution lui fut agréable.

—C’est bon,—dit-il;—et ça m’étonne que le ciel ne veuille pas en faire autant. Quelle figure!...

Il souleva le petit rideau de la fenêtre.

—Regarde-moi cette figure. On se débarbouille, que diable! quand on est ainsi couvert de nuages, de suie, de fumée. Connais-tu rien de plus misérable qu’un matin? Ça rechigne à naître, ça grogne...

—Il y a—repartit Siméon—des matins sublimes. On dirait qu’ils ne savent rien des précédents jours. Et telle est leur splendide innocence qu’on dirait qu’ils commencent la vie et l’inaugurent. Des matins de création, des aubes du monde, des aurores de l’ici-bas nouveau. De vierges et naïfs matins!...