Picrate et Siméon la regardaient et admiraient son bel enfantillage. Siméon dit:

—La petite folle!

—Est-elle gentille!—répondit Picrate.

Elle aperçut leurs yeux émerveillés et, inclinant la tête, un peu narquoise, un peu câline elle continua de chanter, mais pour eux, et modula l’air en sourdine. Elle s’arrêta devant eux, silencieuse. Elle demeura immobile quelques secondes. Et Picrate lui demanda:

—Veux-tu prendre le café avec nous?

De la tête, elle fit signe que oui. Elle laissa glisser le long de son bras, vers sa main, le panier de mouron et vint s’asseoir auprès des deux amis. Elle déposa le panier, tendit à Picrate une main, l’autre à Siméon, et, comme à de vieilles connaissances, dit:

—Bonjour. Ça va?...

Picrate s’informa de ses goûts:

—Café noir, café au lait, autre chose?

—Une prune!—répondit-elle.