Siméon s’était accoudé à la table et, le menton dans la paume de sa main, contemplait le visage enfantin, rieur, les cheveux blonds ébouriffés, d’une pâleur singulière, les doigts fins et longs, mal entretenus, le corsage de toile bise qui dessinait le buste souple, et surtout les yeux, qui étaient grands et d’un vert glauque. Les regards de la jeune fille et ceux de Siméon se rencontrèrent. Siméon fut intimidé, il sourit gauchement. Elle dit:

—Tu me reconnaîtras!

—Comment t’appelles-tu?—lui demanda Siméon.

—Devine!—fit-elle.

—Que sais-je?

—C’est un nom d’île, à ce qu’il paraît. Et d’une île très loin, mais je ne sais pas où. A l’école, on me l’a montrée sur la carte. Ça ne m’a rien dit, moi, tu comprends ... Marie Galande, tu connais ça?...

Picrate triompha:

—Parbleu! c’est dans les Antilles!

Et il rectifia: