II

LES AMOURS DE SIMÉON

Elle revint les matins suivants, variable selon le temps qu’il faisait, bien que sa chanson fût a la même et le même aussi son costume. Et Siméon lui savait gré d’être changeante ainsi; il l’appelait: «Petite Marie couleur du temps ...»

Un jour, elle arriva toute trempée, par la pluie battante. Elle courait et s’amusait à chanter le mouron, pour rien, sans regarder si des clients lui faisaient signe; les rues étaient désertes. Siméon la gronda:

—Petite folle! les rhumes ... les bronchites ...

Mais elle dit:

—C’est bon, la pluie. J’aime ça. Les gouttes d’eau vous font froid aux épaules, et ensuite chaud; on sent le chien mouillé ... Et ton ami?—demanda-t-elle.

Picrate n’était pas venu, à cause de l’averse, sans doute.

—Tant mieux!—fit-elle;—je ne l’aime pas.