Siméon devint sérieux, non qu’il craignît cette extrémité: il constatait seulement qu’il avait pour cette petite fille plus de goût déjà qu’il n’osait se l’avouer à lui-même.

Elle continuait son jeu mutin:

—Un tout petit peu de peine pour Marie Galande qui est morte ... Et c’est toute la peine que fera Marie Galande en mourant.

—Tu n’as personne?—demanda Siméon.

—En fait d’amoureux? Non, personne, pour le moment. Pas de parents non plus, puisque je t’ai dit que je suis une enfant trouvée ... J’ai bien ma grand’mère, avec qui je demeure: ce n’est pas ma grand’mère; je l’appelle comme ça pour lui faire plaisir. Elle est vieille comme tout ... et pas bonne!...

—Pourquoi restes-tu avec elle?

—Parce qu’il faut bien qu’on me surveille. Ça m’empêche de faire trop de bêtises ... J’en fais tout de même!

La pluie avait cessé. Sur les vitres du cabaret, de grandes traînées humides achevaient de couler et des gouttelettes parfois se détachaient et se précipitaient, avec le reflet des maisons en miniature. Marie Galande tâchait de se regarder au petit miroir de l’une d’elles, puérilement: elle aperçut Picrate, qui traversait la rue, cahin-caha, et charriait avec lui de la boue. Elle se recula et, riant aux éclats, cria presque:

—Un colimaçon!