—Guère, ou pas du tout?—précisa Picrate.

—Pas du tout, si tu veux.

—Oui, je le veux!—Et Picrate insistait:—Oui, je le veux! Mais je ne veux pas que tu me le dises, je veux que ce soit vrai. Dis?...

Siméon dut consentir à des affirmations réitérées, sous la menace perpétuelle des sanglots de Picrate.

Il ajouta:

—D’ailleurs, tu l’as vue ce matin: tu dois bien savoir si tu as des chances. As-tu le sentiment que tu lui plais?

—Oui, beaucoup!

Picrate s’était requinqué. Soudain, sa fatuité lui rendit son courage et sa belle assurance. Ses yeux séchèrent tout seuls. Il se lissa les moustaches, il fit bouffer ses cheveux et joua le joli garçon. Il raconta la scène et la modifia, comme procèdent les amants vainqueurs, à son avantage.

Et Siméon pensait:

«Pauvre Picrate un peu vil et très vaniteux ... au demeurant, bien misérable!... Tu m’as vaincu par tes sanglots médiocres; et comme tu triomphes, à présent, avec impertinence!... Oui, j’ai pitié de toi ...»