—Comment?—fit Siméon.—Moi? Pas du tout!...

—J’ai cru ... Je me suis donc trompée?... C’est drôle! je me figurais ... A cause de toi, ça m’aurait fait plaisir d’être bonne, et que tu me complimentes, comme l’autre jour, quand tu m’as dit, en me quittant: «Tu es une bonne petite fille ...» Oui, tu m’as dit ça si bien, avec une voix si douce, que j’en ai pleuré presque ... C’est qu’on ne me parle jamais ainsi, à moi. On ne m’accoste que pour de vilaines choses. Toi, tu n’es pas comme les autres, et c’est pour ça que j’aurais voulu t’obéir.

—Mais non, mais non!—répétait Siméon,—je ne t’ai rien conseillé de pareil. Pour qui me prends-tu?

—Pour toi, que je ne connais pas bien.

—Alors ... tu as cédé?

Siméon, en prononçant ces mots, s’étranglait.

—Non, non: je n’ai pas pu ... Il me caressait la main, et ça m’a donné le frisson comme si je touchais une bête affreuse. Je me suis sauvée. Toute la journée, j’ai cru qu’il me rattrapait et qu’avec ses mains il tirait le bas de ma jupe. J’en ai encore mal à la tête ... Bien sûr que je ne serais jamais retournée là-bas; et j’avais beaucoup de chagrin de ne plus te voir.

—Pourquoi?

—Si tu ne le sais pas,—répondit-elle,—alors, moi non plus.