— Mais vous devez souvent aimer vos journées. Elles sont heureuses.
Il reconnut :
— Sans doute.
Et, sérieux comme il savait l’être quand il réfléchissait profondément :
— Cependant…
Soudain, ce fut comme l’autre matin, tandis que nous arrivions à la porte de sa maison : la gêne tomba. Je cessai d’être contrainte et lui d’être hésitant… et dans la seconde qui passa avant qu’il poursuivît sa phrase, nous nous étions retrouvés.
— Que penseriez-vous de quelqu’un qui serait tout à fait heureux simplement parce qu’il se porte bien et gagne beaucoup d’argent ?
— Vous n’êtes pas heureux seulement pour cela. Votre vie est utile à beaucoup de gens que vous employez, à la France que vous enrichissez. Et puis, cette campagne dont vous me parliez, ces matins dans la montagne, ces grandes courses, ces soirs lumineux… Vivre dans un beau pays et en goûter, comme vous le faites, toute la beauté, c’est une raison d’être heureux qui ne me paraît pas méprisable.
— C’est une des meilleures, mais autre chose encore est nécessaire.
— Cette autre chose, vous devez l’avoir aussi, comme le reste.