— Tu vas savoir.

Quand nous fûmes à notre porte, elle cria : « La voilà ! » et j’entendis maman qui courait dans la salle. Elle se jeta dans mes bras, elle m’entraîna ; et quand Guicharde eut refermé la porte derrière nous :

— Alvère !… le docteur Gourdon est venu tout à l’heure te demander en mariage.

Elles se mirent à pleurer l’une et l’autre, tandis que, m’appuyant au bord de la table, je tournai les yeux vers le beau ciel qui pénétrait aussi notre maison.

— Un mari pour toi, un mari ! disait maman, grave jusqu’à la ferveur et joignant les mains.

— Un mari !… répétait Guicharde.

Elles me pressaient contre elles, puis, s’écartant un peu, me regardaient tout éblouies. On eût dit qu’un miracle avait passé sur moi.

— Tu l’aimes, n’est-ce pas, tu l’aimes ? demandait Guicharde.

Et maman disait gravement :

— Ah ! comme il te faudra l’aimer !