— Mon deuil !

Je m’indignai cette fois jusqu’à la révolte.

— Je ne veux pas… je ne veux pas… Elle nous détestait tous, et je la détestais…

— Oh ! pour cela, dit Fabien venant sur moi et me fixant avec dureté, je tiendrai bon, et d’autant plus que cela ne coûtera pas un sou, puisque tu as encore les robes noires que tu portais pour ta mère.

… Ce n’était pas le premier feu de l’année qui brûlait aujourd’hui dans la cheminée, mais le dernier sans doute, car le temps était doux ; déjà, le matin, par la fenêtre du grenier, j’avais pris à notre acacia quelques fleurs odorantes. Et, considérant ces flammes inutiles, je dis à Fabien, désespérément, comme je le lui avais dit un autre soir :

— Tu ne comprends donc pas !

— Qu’il est irritant, cria-t-il, de s’entendre toujours répéter : « Comprends donc ! » par une femme qui ne sait jamais rien comprendre !


Il insista de telle sorte, il m’ordonna enfin avec tant de violence d’aller prendre dans l’armoire une de mes robes noires et d’examiner immédiatement quelles réparations pouvaient y être nécessaires, qu’il me fallut bien me soumettre. Et je sus que, dans les jours suivants, il disait à tout le monde en parlant de moi :

— Elle a été très affectée par la mort de sa grand’mère, Mme Landargues.