Mais son regard, qui m’interrogeait anxieusement, recommença de m’épouvanter, et il répéta, d’une voix sourde :

— Qu’est-ce que tu as ?

— Je ne sais pas… — Et comme lui, je parlais très bas. — Je ne sais pas ce qu’il est naturel de faire… Je ne sais pas ce que le monde doit comprendre… Mais je ne partirai pas avec toi… Je ne partirai pas.

— Pourquoi ? pourquoi ?…

Je voyais bien que son étroite et tenace volonté était maintenant sans force et tout incohérente. Je répétai :

— Je ne partirai pas…

Et, sortant de la pièce, j’appelai Adélaïde pour lui donner l’ordre d’aller au grenier chercher les valises. Je voulais m’occuper aussitôt de ce départ, et que Fabien s’en allât au plus vite… Ah ! qu’il s’en allât…

*
* *

La chambre, quand j’y entrai, était toute pleine encore de son désordre nocturne. Toute machinale et sans regarder rien, incertaine et brusque, j’allai vers une armoire. Je l’ouvris et commençai d’en tirer un peu de linge. Mais il me fallut bientôt m’asseoir et serrer mes tempes entre mes deux mains…