— Devant moi.
— Au bord du Rhône ?
— Je n’en sais rien.
Et le silence recommençait, si pesant que je ne tentais plus même un effort pour le soulever.
Il s’anima seulement la première fois que je reçus une lettre de Guicharde. Ce fut quatre jours après notre arrivée. Dès son entrée dans la chambre, apercevant sur la commode arlésienne la simple enveloppe de papier bleu, reconnaissant l’écriture, Fabien eut un geste brusque. Et tout de suite, avec une impatience fébrile :
— Eh bien ! demanda-t-il, qu’est-ce qu’elle dit ?
Elle disait peu de chose, sortant à peine et ne voyant personne. Elle espérait que Fabien allait mieux, que ce repos nécessaire après tant de fatigues et d’émotions lui ferait du bien. Elle disait que la maison sans nous lui paraissait grande et vide, qu’elle s’occupait avec Adélaïde de tout bien mettre en ordre afin que nous soyons contents à notre retour. Et elle terminait par de petites phrases où elle avait mis toute la tendresse et tout le dévouement de son cœur.
— C’est tout ?… interrompit Fabien comme je lisais ces phrases.
— C’est tout.
— Bien dit-il, c’est bien.