Enseigne-moi, sage fils de Laerte.
ULYSSE
Calme ta passion ; soumets tout au devoir…
NÉOPTOLÈME
Mais quel est le devoir, Ulysse ?
ULYSSE
La voix des dieux, l’ordre de la cité, l’offrande de nous à la Grèce, et, comme l’on voit les amants chercher alentour sur la terre les plus précieuses fleurs en dons à faire à leur maîtresse, et désirer mourir pour elle, comme s’ils n’avaient, malheureux, rien de mieux à donner qu’eux-mêmes, s’il est vrai que ta patrie te soit chère, que saurais-tu lui donner de trop cher ? et ne convins-tu pas tout à l’heure qu’après elle aussitôt venait l’amitié ? Qu’avait Agamemnon de plus cher que sa fille, si ce n’était pas la patrie ? Comme sur un autel, immole… mais qu’a de même Philoctète, en cette île où tout seul il vit, qu’a-t-il de plus précieux que cet arc, en don à faire à la patrie ?
NÉOPTOLÈME
Mais, Ulysse, en ce cas, demande-lui.
ULYSSE