Il pourrait refuser. Je ne connais pas son humeur, mais sais que son délaissement l’irrita contre les chefs de l’armée. Peut-être irrite-t-il les dieux par sa pensée et cesse-t-il horriblement de nous souhaiter la victoire. Et peut-être les dieux offensés ont-ils voulu par nous le châtier encore. En le forçant à la vertu par l’abandon obligé de ses armes, les dieux seront pour lui moins sévères.
NÉOPTOLÈME
Mais, Ulysse, les actes que l’on fait malgré soi peuvent-ils être méritoires ?
ULYSSE
Ne crois-tu pas, Néoptolème, qu’il importe avant tout que les ordres des dieux s’accomplissent ? fussent-ils accomplis sans l’aveu de chaque homme ?
NÉOPTOLÈME
Tout ce que tu disais avant, je l’approuvais ; mais à présent je ne sais plus que dire, et même il me paraît…
ULYSSE
Chut ! Écoute… N’entends-tu rien ?
NÉOPTOLÈME