Il promène mes yeux dans les jardins des étoiles.
Je lui parle des grands arbres du Nord
Et des froids bassins où la lune,
Berger du ciel, comme une amante, va se laver ;
Il m’explique que les seules choses périssables
Ont inventé les seules paroles
Et que celles qui ne doivent point périr
Se taisent toujours, ayant tout le temps pour parler —
Et que leur éternité les raconte.
Comprenant à peine pourquoi, je m’effrayais, ainsi chantant, à cause du silence même du désert, de ces étranges paroles du prince, que je rapportais dans mon chant.