Mme Gilet. — Après une pareille boucherie, je comprends qu’on perde la tête. Le dernier coup a dû être porté au front. Mais il ne faisait pas clair ; il était six heures moins un quart ; et je n’y voyais guère. Rien, avant, dans la conduite de Charles, ne faisait pressentir ce drame ; s’il y avait des discussions, ils se raccommodaient à peine fâchés.
Mademoiselle Gilet, appelée à son tour, dira :
— Ils chicanaient parfois, sauf à s’embrasser cinq minutes après.
Après la déposition de la logeuse et de sa fille, nous entendons celle des gardiens de la paix :
Le chef de poste M. :
— Quand nous avons voulu conduire au poste l’accusé, il nous a dit : — « Donnez-moi au moins le temps de me laver les mains. » Il ne paraissait ni soûl, ni fou. Il était plutôt calme.
Et M. V., commissaire de police :
— Au bureau central, j’ai vu Charles. Il était un peu énervé ; mais pas ivre. Il m’a dit, après quelques hésitations : « Je l’ai tuée parce qu’elle me faisait dépenser de l’argent. Du reste j’allais me jeter à l’eau quand on m’a arrêté. »
Le Président. — Eh bien ! vous voyez, Charles, vous donniez d’abord du mobile du crime une explication qui n’est pas celle d’aujourd’hui. Voyons, parlez.
L’accusé. — Que voulez-vous que je réponde ? Je vous ai dit la vérité.