[153] Ce châtiment, présentant quelque analogie avec la surveillance de la haute police, impliquait une locomotion qui, pour ne point manquer d’imprévu, n’en devenait pas moins pénible et onéreuse. Il est vrai que la Compagnie à laquelle appartenaient les victimes se cotisait pour subvenir à leurs dépenses,—par où, rapporte Barbier, elle subissait elle-même une part de la peine... Le président d’Augeard fut, sous Louis XIV, l’objet d’une mesure de ce genre: elle dura sept ans!

[154] Le manuscrit de M. de Raoul fait de ce parlementaire le portrait le plus piquant. Il le représente, dans son adolescence, composant et représentant des pièces de théâtre, tirant des feux d’artifice, s’habillant en femme, «courant les cochons par la ville...» D’ailleurs, garçon d’esprit, poli, dévot, très charitable. Un tuteur indélicat, fort de l’appui de l’archevêque et de l’intendant Boucher, obtint contre cet écolier inoffensif une lettre de cachet en vertu de laquelle on l’incarcéra d’abord à Perpignan, puis au château d’Angoulême. Il ne fut rendu à la liberté qu’en 1733.

[155] M. de Combabessouze mourut peu de temps après, laissant des dispositions testamentaires où se révèlent, à côté des sentiments religieux les plus profonds, cette hostilité à l’égard de certaines congrégations qui fut la marque de l’école janséniste.—Comme beaucoup de ses collègues, M. de Combabessouze faisait des vers, dont quelques-uns, non dépourvus de mérite, ont été recueillis par M. de Lamontaigne.

[156] Mémoires du marquis d’Argenson, IX, p. 269.

[157] Papiers inédits de M. de Lamontaigne.

[158] Archives départementales, C. 3019.—D’Argenson rapporte (IX, p. 158) qu’il fut grandement question, à cette époque, «d’envoyer à Bordeaux quelque commandant militaire et tyrannique comme fut M. de Fougères, il y a trois ans, au Parlement de Rouen».

[159] «L’abbé de Tourny, fils de l’intendant de Bordeaux, jeune ecclésiastique résidant au séminaire de Saint-Sulpice, vient d’être enlevé et mis à la Bastille, même au secret, pour avoir envoyé par la poste, avec une lettre signée de lui, les vers qui ont couru contre le roi.» (Journal du marquis d’Argenson, édition Rathery, V, p. 392.)

[160] Papiers de MM. de Lamothe.

[161] Archives départementales, C. 2838.

[162] Cette association prit le nom de Classes.