A travers les siècles, l'appétit de l'Alsace fut à la hauteur des bienfaits de la Providence. Qu'on en juge d'après le menu d'un repas de chanoines au XIIe siècle. Il comprit les plats suivants :

1o Jambons ; pieds et tête de porc en saumure ou dans une gelée de jeunes porcs.

2o Parties internes de la bête accommodées de neuf manières différentes ; trois sortes de boudins, andouilles ; gigot, langue, filet, le tout bien poivré.

3o Bœuf fumé reposant sur un lit de choux.

4o Gros lard d'un porc gras et lard d'un jeune porc dûment pourvus de poivre.

5o Grillades et rôtis de porc.

6o Verrat garni de viandes de venaison.

7o Lard gras avec forte moutarde.

8o Un plat de millet accommodé aux œufs, au lait et au sang de porc.

9o Enfin, et pour la clôture, épaule de porc rôtie et piquée au lard.

Quelqu'estime qu'on fasse du cochon, peut-être jugera-t-on qu'il occupe ici une place trop prépondérante. Un peu plus tard on sut mieux varier la chère. Voici le repas que l'on offrait à l'évêque de Strasbourg en 1449.

Premier Service.

Second Service.

Troisième Service.

Il ne semble pas que de nos jours l'appétit des gens d'Église ait beaucoup dégénéré. Mme Gévin-Cassal nous a conservé le menu du dîner qu'un brave curé de campagne offrait à ses collègues réunis chez lui pour discuter des intérêts de canton le 15 juillet 1877. Je le reproduis sans commentaire :