— Jip !

Jip ne bouge pas : telle une borne.

C’est trop fort. Trott se précipite vers lui, lui donne deux bonnes tapes et l’amène près de la petite sœur en le tirant par son collier. Il se laisse traîner passivement.

— Allons, Jip, maintenant cours avec moi et saute.

Trott s’élance. Jip, lui, se remet sur son derrière. On dirait que ses moustaches sont plus minces et son museau plus étiré. Au lieu de dresser ses oreilles comme il fait d’habitude quand il joue, il les laisse tomber toutes plates contre la tête. Il regarde Trott en face, de ses yeux d’or, se lèche les babines, et, sans bouger une patte, remue tout doucement la queue comme s’il voulait dire : « Je comprends très bien, mais ça m’est égal. »

Trott est indigné. Deux fois, trois fois il recommence sans plus de succès. C’est irritant. Trott fait la grosse voix. Jip baisse la tête d’un air soumis. Mais il n’en est pas plus obéissant.

— Tu ne vois donc pas, Jip, que c’est pour amuser la petite sœur !

Trott, qui est très fort, prend les deux pattes de devant de Jip dans ses mains et le force à se tenir debout à côté de la voiture de Lucette.

— Regarde la petite sœur, comme elle est gentille !

Lucette avance la main pour caresser Jip ou peut-être pour lui empoigner une touffe de poils…