—Bon, oui: eh bien, on le prend.
—Que viennent-ils faire ici? demandai-je.
Les hommes n’avaient parlé qu’à contre-cœur. Bourhis répondit, de mauvaise humeur:
—Ils viennent pour la religion. Ils prêchent. Ils ont des prêtres, habillés comme vous, monsieur, et moi. Ils sont tous prêtres dans cette religion, à ce qu’on dit.
Et il ajouta, comme à regret:
—Ils donnent beaucoup, c’est vrai: du linge, du bois l’hiver, des remèdes... Ils dépensent.
—Ils en ont payé plus d’un, pour se faire protestant...
—Il y en a qui n’ont pas de cœur, dit madame Bourhis en colère.
—Ils s’imaginent qu’on se ferait Anglais, là, du soir au matin, avoua le tavernier; ils ne nous connaissent pas.
—Bah! on fait semblant. On se moque d’eux. Quand ils ont bu les sous, ils n’en sont pas moins bons chrétiens.