—Écrivez, bamm!
—Soyez tranquille! Vous ne savez pas votre métier. Vous n’êtes pas capable de faire un maître de port...
—C’est votre avis, monsieur.
Voilà le langage de Charles Le Foin, marquis, à un vieux marin qui a près de soixante ans de pratique. Je vois bien que Crozon en hausse les épaules; et c’est en haussant les épaules que tous ces matelots répondent le plus souvent au marquis de Rostillec. Mais sait-on jamais si un niais de cette sorte ne soutiendra pas la gageure de sa hâblerie, et s’il n’est pas capable, un beau jour, de faire du mal à un brave homme, uniquement par vanité?—Je dis à Crozon:
—Répondez-lui donc: «Faites attention, marquis de Rostillec; vous vous oubliez. Prenez garde à qui vous parlez: c’est à Crozon, duc de Benodet.»
La vengeance des bonnes gens consiste à raconter l’arrivée de la nouvelle marquise dans son château de Rostillec. Inépuisable sujet de rires.
«—Vous comprenez, c’était son voyage de noces; elle était partie, la veille, de Paris. Quand elle vit cette cabane en ruines, elle regardait de tous les côtés; elle cherchait partout; elle n’en revenait pas.
»—Alors, c’est ça, votre château? qu’elle disait au marquis...
»—C’est ça, Donc qu’il dit...
»—Je n’aurais pas cru... donc... Ma foi, non, je ne croyais pas que Rostillec eût cette tournure... Mais il n’y a pas moyen de coucher ici!... faisait-elle. Elle n’était pas trop contente.