—Il y a un peu d'ombre au pied de la meule, commença enfin le rhétoricien; ne voulez-vous pas vous y asseoir?
—Comme il vous plaira, répliqua t-elle.
Ils s'adossèrent à la base du tas de gerbes et le silence retomba entre eux. Très haut dans l'air, au-dessus des champs moissonnés, d'invisibles alouettes chantaient, et leurs notes vibrantes semblaient la mystérieuse musique de l'azur.
—Quel beau temps! reprit Clairette.
—Nous en avons pour jusqu'à la fin des vacances, affirma Jacques. Hélas! Comme les jours filent... Dans une semaine ce sera déjà la rentrée... Est-ce que vous retournerez au couvent?
—Sûr que oui!... Et vous, rentrerez-vous au lycée?
—Non, papa prétend que, dans notre métier, on n'a pas besoin d'être bachelier... J'irai à Versailles suivre des cours d'arboriculture.
Une tristesse ennuagea les yeux de Clairette:
—Alors, je... Nous n'aurons plus de vos nouvelles?
—Si fait... Je reviendrai tous les soirs à la maison et je verrai toujours Landry aux sorties... S'il est consigné, par hasard, ajouta Jacques en riant, j'irai le visiter à Lakanal, et je lui donnerai mes lettres... Mais, vous, continuerez-vous à m'écrire, mademoiselle Clairette?