Cependant Me Péchenart continuait sa lecture. Après avoir expliqué que l'enfant de Rose Finoël avait été confié aux soins de la jeune fille et mis en nourrice, le testament se terminait ainsi:

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«J'ai la plus grande confiance dans ma nièce Gertrude, et j'ai eu la preuve de son affection pour moi. Si son dévouement doit lui causer plus tard quelque embarras, il est juste qu'elle ait au moins les moyens de remplir sa mission et d'assurer l'avenir de l'enfant. Seule d'ailleurs de toute me famille, elle possède les qualités nécessaires pour faire bon emploi de la fortune que j'ai si péniblement acquise.—En conséquence, j'institue pour ma légataire universelle Marie-Antoinette-Gertrude de Mauprié. J'entends qu'à partir de sa majorité elle ait la pleine et entière disposition de tous mes biens meubles et immeubles, à charge par elle de servir une rente annuelle et viagère de cinq cents francs à mes domestiques Fanchette et Pitois, et de faire dire chaque année, dans l'église de Lachalade, une messe pour le repos de mon âme.

«Lachalade, le 8 décembre 184…

«EUSTACHE RENAUDIN.»

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Le notaire parcourut le salon d'un regard souriant et contempla, non sans une certaine satisfaction, les mines allongées des Mauprié, puis il remit galamment le testament entre les mains de Gertrude et la félicita de tout son cœur.

—M. Renaudin, dit-il, a sagement et honnêtement agi en minutant de la sorte son testament.

—Mon frère ne m'a pas nommée! s'écria madame de Mauprié avec amertume… Il n'avait pas le respect de la famille… Cela se voit, du reste, à la façon dont il s'est conduit avec ses bâtards…

—A quoi bon tant de paroles? reprit Gaspard en ricanant, il nous a déshérités, voilà tout… Allons, ma mère, nous n'avons plus rien à faire céans… Prenez mon bras, et partons! Ici, Phanor!