—Attendez un instant, ma tante! dit Gertrude à madame de Mauprié…
Puis se tournant vers le notaire et lui montrant le testament:
—Dites-moi, Me Péchenart, quels droits aurait eus l'orphelin qui m'est confié, dans le cas où ce testament n'aurait pas existé?
—Aucun, répondit le notaire, car sa mère n'avait pas été reconnue… Si M. Renaudin fût mort intestat, sa fortune aurait été partagée par moitié entre vous et madame votre tante.
—Mais aujourd'hui ce testament équivaut à une reconnaissance?…
—C'est douteux, Mademoiselle… Du reste, même si Rose Finoël eût été reconnue, son fils n'aurait droit qu'à la moitié de l'héritage. Le reste reviendrait aux héritiers légitimes.
—C'est bien! dit Gertrude… Mon oncle a obéi à une injuste rancune en déshéritant sa propre sœur; il le reconnaît lui-même sans doute là-haut; je crois donc agir selon Dieu et selon la justice en anéantissant ce testament…
Par un brusque mouvement elle déchira le papier timbré et en jeta les morceaux dans la cheminée.
Gaspard lâcha un juron et madame de Mauprié poussa un cri de joie…
—C'est de la folie; s'écria le notaire stupéfait, et au risque de se brûler, il plongea sa main dans l'âtre et en retira les chiffons enflammés.