— Vous le voulez, madame ? Eh bien ! soit.

Il continua d’une voix assourdie :

— Lorsque j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec vous pour la dernière fois, je ne vous ai pas épargné certains conseils dictés par une sage circonspection… Vous avez cru devoir les dédaigner… Voyant mon autorité pastorale méconnue, il ne me restait plus qu’une chose à faire : m’abstenir… En m’asseyant de nouveau à votre table, j’aurais eu l’air d’autoriser par ma présence des choses que je déplore, et j’aurais scandalisé mes paroissiens, qui le sont déjà assez par le spectacle de ce qui se passe…

— Que se passe-t-il donc et de quel scandale parlez-vous ? s’écria Adrienne.

— Vous le demandez, madame ?… Me sied-il bien à moi, prêtre, de vous répéter les propos qui courent le pays ?

— Oui, je le désire… Vous vous êtes trop avancé pour ne point aller jusqu’au bout… Que dit-on, s’il vous plaît ?

— On dit que M. Pommeret vient ici très souvent, non seulement en plein jour, mais le soir…

— C’est vrai, M. Pommeret passe quelques-unes de ses soirées à la Mancienne… Quel mal y voit-on ?

— Si le mal n’existe pas, et je l’espère, poursuivit le curé en baissant les yeux, pourquoi ce jeune homme, au lieu de sortir comme tout le monde par la grille, s’échappe-t-il à la nuit close par la petite porte du parc ?

— Mais c’est un véritable interrogatoire ! s’exclama Adrienne avec un rire nerveux. Continuez, je vous en prie.