— Monsieur le curé, vos préventions vous font dépasser la mesure, répondit sèchement Adrienne. Elles sont aussi injurieuses pour moi que pour M. Pommeret… Me croyez-vous femme à recevoir intimement un homme que je ne considérerais pas comme mon futur mari ?

— Admettons que cela finisse par un mariage, riposta le prêtre d’un ton amer, ce sera encore tant pis.

— Pourquoi tant pis ?

— Ce jeune homme a dix ans de moins que vous, insinua-t-il avec malveillance.

— Qu’importe, s’il m’aime telle que je suis ?

— Il est vrai qu’il est sans fortune, ajouta le curé en ricanant.

— Monsieur ! protesta Mme Lebreton indignée, j’aime M. Pommeret et j’ai confiance en lui.

— Et cette enfant que vous aviez adoptée, la sacrifierez-vous aussi à vos nouveaux projets ?

— Denise vivra avec nous, et M. Pommeret lui servira de père.

— Un père bien jeune ! objecta méchamment l’abbé Cartier. — Enfin, reprit-il en rajustant sa ceinture qui glissait sur ses maigres hanches, je souhaite que tout ceci tourne aussi bien que vous le désirez, madame !… Quand dois-je publier vos bans ?