— Vraiment ! alors vous avez quitté votre pension pour tout à fait ?

— C’est-à-dire, je l’aurais quittée sans le prochain mariage de ma mère adoptive… Mais probablement on m’y refourrera encore pour un an, afin de se débarrasser de moi !

La façon maussade dont elle prononça ces derniers mots n’indiquait pas qu’elle eût un grand enthousiasme pour l’événement qui allait modifier l’intérieur de la Mancienne.

— Ah ! murmura hypocritement Francis, Mme Lebreton se remarie !… Connaissez-vous votre futur beau-père ?

— Non, répondit-elle en haussant les épaules, il est absent… Ma mère le trouve très bien, naturellement, puisqu’elle l’épouse, mais je ne sais rien encore ni de l’âge ni de la figure de ce monsieur… Oh ! du reste, ajouta-t-elle en agitant la main, je vois d’ici ce que ce peut être… Un homme grave, tiré à quatre épingles et déjà vieux.

— Pourquoi vieux ?

— Dame ! parce que ma mère n’est plus jeune, et je suppose qu’elle aura pris un mari plus âgé qu’elle.

— Quel âge a donc Mme Lebreton ? demanda Francis en se mordant les lèvres.

— Trente-quatre ans au moins !

— Et vous appelez cela n’être plus jeune ?