— A votre tour, mamselle ! dit-il en riant.

Elle avança sa petite main brune dans laquelle le gars tapa légèrement, après quoi il retint la main de Denise dans ses gros doigts, et, la secouant vigoureusement :

— Chose promise, chose due ! murmura-t-il ; vilain qui se dédit !

Francis marchait à grandes enjambées vers le groupe.

— Denise ! répéta-t-il d’un ton qui n’admettait guère de réplique ; venez, j’ai à vous parler !

Elle remua les épaules à la façon des enfants mal élevés, fit un signe de tête au sabotier, et suivit à quelque distance Francis, qui regagnait le taillis d’un air mécontent.

Ils prirent un sentier pierreux, jonché de feuilles sèches, et y cheminèrent quelque temps sans desserrer les lèvres. Tout à coup Francis Pommeret se retourna vers la jeune fille, qui croquait des noisettes derrière lui, et, d’un ton très âpre :

— Ma chère enfant, commença-t-il, vous avez avec ces gens des bois des façons qui ne conviennent ni à votre âge ni à votre condition.

Elle le regarda de côté avec un sourire quasi insolent :

— Qu’est-ce que cela peut bien vous faire ? répondit-elle.