— J’ai reçu une réponse de Plombières, murmura-t-il… On ne peut pas vous loger là-bas, et vous resterez ici.
En voyant la lettre, Denise avait pâli tout d’abord ; les derniers mots de Francis ramenèrent une nuance rose sur ses joues, et un éclair joyeux passa dans ses prunelles.
— Vous voilà bien ennuyé, reprit-elle… Avouez-le !
Il haussa les épaules sans répondre.
— Si cela vous vexe par trop, dites-le, je m’en irai avec ces gens-là.
Il lui tourna le dos et froissa la lettre avec humeur.
Cependant les vanniers, intimidés par la présence du maître de la maison, s’étaient hâtés de mettre les morceaux doubles. Maintenant ils se levaient lourdement et gagnaient la cour. L’homme et les garçons bridaient les chevaux, tandis que les femmes ramassaient les paniers épars sur le pavé.
— Au revoir, ma gachette ! dit la vannière à Denise qui ne l’avait pas quittée ; bien des mercis pour votre politesse ; nous vous revaudrons cela quand nous serons à portée… si vous venez jamais nous voir à Aprey… C’est le pays de votre pauvre mère, et nous sommes vos plus près parents. Il faudra un de ces jours que vous poussiez jusqu’à notre village.
— Est-ce que vous y rentrez ? demanda Denise.
— Nenni, pas pour le moment. Nous achevons d’abord notre tournée pour placer notre marchandise ; mais nous y serons pour sûr rendus vers la Notre-Dame d’août, et alors, si le cœur vous en dit, vous n’avez que de venir, tout un chacun sera content de vous voir… Ah ! dame, ça n’est pas cossu chez nous comme dans votre belle maison, mais on vous y recevra de bon cœur tout de même… Au revoir donc, ma mie ! Bien le bonjour, monsieur.