— Il se passe en moi quelque chose d’étrange… Je ne sais pas ce que c’est, mais j’ai peur d’être grosse.
— Ce ne serait pas à souhaiter ! marmotta Francis entre ses dents.
Puis il ajouta, après avoir respiré péniblement :
— Vous vous alarmez sans doute pour des riens, votre imagination vous crée des chimères…
Elle secouait la tête. Il la pressait de questions, il voulait avoir des détails plus minutieux, et Denise, suffoquant de honte, murmurait :
— Je ne sais pas, mais j’ai vu des femmes dans cet état, et elles éprouvaient tout ce que je sens…
Francis demeurait muet ; Sauvageonne continua avec plus d’animation :
— Vous concevez que je ne peux pas, dans de pareilles conditions, m’exposer à aller dans cette pension où l’on veut me mettre… Alors, bien que cela me coûte, allez ! j’ai songé à vous pour me tirer de ce mauvais pas…
Il fit un geste effrayé et sa figure s’allongea.
— Oh ! tranquillisez-vous ! poursuivit-elle avec ironie, je ne vous demande pas de sacrifice pénible… Si j’ai un enfant, comme je le crois, j’aurai la force de l’aimer et de l’élever sans vous… Tout ce que j’exige, c’est que vous fassiez renoncer Mme Adrienne à cette idée de m’envoyer en pension et que vous obteniez d’elle pour moi la permission de retourner à Aprey, dans la famille de ma mère.