Le Comte, au Chevalier, se levant brusquement.—Je connais trop la façon de penser de Mme la Duchesse pour pouvoir douter que vous soyez un homme comme il faut; ainsi, monsieur, nous n'aurons probablement ensemble qu'une explication très décente sur le hasard qui vous fait recueillir le fruit d'un rendez-vous donné pour moi. Cependant, si par malheur je me trouvais encore plus lésé que je ne suppose l'être…
Le Chevalier, avec fierté.—Qu'en serait-il, monsieur?
Le Comte, fièrement à son tour.—C'est ce que je vous ferai savoir, monsieur.
Le Chevalier, se soulevant.—Je n'aime pas à différer ces sortes d'éclaircissements… (Il s'échappe du lit et suit nu le comte, qui vient de passer dans la salle de bain, où sont aussi les habits du Chevalier.)
Madame Durut, leur courant après.—Holà! mes beaux champions! ce lieu n'est pas du tout celui des scènes tragiques.
La Duchesse, accourant aussi, à Mme Durut.—Arrêtez-les! ma bonne. Si j'ai quelque empire sur vous, messieurs…
En même temps, Mme Durut a fermé la pièce à clef. Le Chevalier s'habille en grande hâte. Mme Durut sert la Duchesse, qui en fait autant, marquant par des mouvements presque convulsifs qu'elle éprouve quelque chose de bien pénible…
Le Comte.—Quel est ce jeune homme, madame Durut?
La Duchesse, vivement.—Son neveu[90].
[90] Ce mensonge a pour but à la fois et de vexer le Comte et de prévenir une affaire d'honneur. (N.)