Le Comte, feignant de se calmer, et d'un ton ironique.—Digne choix, en vérité! Je n'ai plus rien à dire. (A Mme Durut.) Ouvrez-moi.
Le Chevalier.—On vous trompe, monsieur. Dans un moment je retourne à Paris; si vous n'avez rien de mieux à faire que de m'y suivre, nous pourrons causer en chemin et déterminer à quel point chacun de nous offense son rival.
Le Comte.—Je suis à vos ordres.
Madame Durut.—Cela vous plaît à dire: vous êtes tous deux aux miens. Mais voyez donc un peu ces mutins! Sachez, mes beaux messieurs, que, toute taquinerie cessante, vous ne sortirez pas d'ici que je le veuille bien. Oh! vous êtes, en dépit de vos bouillants courages, tout à fait en mon pouvoir.
La Duchesse ne sort des mains de Mme Durut que pour aller tomber pesamment dans une bergère, où elle joue assez bien la défaillante.
La Duchesse, avec les mines convenables.—Je me sens mal… Durut, de l'eau de Cologne… des sels… de l'éther… Je n'en puis plus… J'étouffe… je me meurs… (Elle est pour lors immobile, dans l'attitude la plus théâtrale, l'œil fermé, mais sans que les roses des joues et des lèvres aient pâli de la moindre nuance.)
Le Chevalier, aux pieds de la Duchesse.—Oh! ciel! quel malheur!
Madame Durut, assez calme et donnant du secours.—Là! là! ne vous désespérez pas, cela n'aura pas de suites…
En effet, à peine a-t-on mis des sels d'Angleterre sous le nez de la Duchesse, qu'un long soupir annonce la clôture de son évanouissement.
Madame Durut, au Comte.—Voilà pourtant, vilain homme, la belle besogne que vous êtes venu faire ici! Que je déteste ces vaniteux! Tout irait si bien, si l'on voulait ne mettre que de la folie à ce qui est uniquement affaire de plaisir.