Le Comte.—Vous verrez que c'est moi qui ai tort!

Madame Durut.—Assurément, et en tout point. Vous vous êtes conduit en homme qui n'a pas le sens commun. Vous arrivez trop tard; premier tort, d'autant plus inexcusable, qu'il est absolument volontaire; vous vous montrez ici avec l'assurance et la brusquerie dont on blâmerait même un mari: second tort; vous nous rompez tous en visière; plus grand tort qui vous donne en même temps beaucoup de ridicule; la preuve en est à ce qu'il vous a été forcé de voir et d'endurer. Répondez à tout cela. Eh! morbleu! puisque, vous aviez assez joliment passé votre temps là-bas, que n'y restiez-vous? Célestine aurait bien eu la complaisance de vous y tenir plus longtemps compagnie.

La Duchesse, avec intérêt.—Célestine!… Ils ont été ensemble?

Madame Durut.—Assurément et de la meilleure intelligence encore.

LES MÊMES, CÉLESTINE.

Célestine, en dehors et frappant.—J'entends qu'on parle de moi, veut-on bien m'ouvrir?

Mme Durut ouvre et lui conte rapidement la querelle de ces messieurs.

Célestine, gaîment.—Fort bien! (Au Comte.) Voilà donc, petit perfide, comme je puis me fier à vos belles protestations! (Avec une menace badine.) Si j'étais babillarde, comme vous seriez grondé! Allons, la paix, mes bons amis. (Au Comte en lui montrant le chevalier.) Voyez donc comme il est joli! Vous auriez la barbarie de l'embrocher en face?

Les esprits sont déjà considérablement apaisés, la Duchesse et Mme Durut souriant à l'épigrammatique plaisanterie de Célestine.

La Duchesse, au Comte d'un ton piqué.—Il paraît, monsieur, que nous ne sommes pas en reste l'un avec l'autre… (D'un ton moins sec.) Que tout ceci finisse donc convenablement. (Elle lui tend la main.) Je vous pardonne l'aimable Célestine; faites-vous de même une bonne raison au sujet du charmant Chevalier… Touchez là.