— Moi, je suis marié maintenant, depuis quatre ans déjà…
— Oui, fit-elle résignée, sans trop souffrir.
Ce mariage, c'était la sagesse, la fin dans la vie d'Antoine elle acceptait cela.
Elle sentait qu'elle ne le reverrait plus.
Alors elle reprit encore, comme une enfant chantonne, parle sans penser, se berce et s'endort :
— Mourir, je voudrais mourir, le temps est passé pour moi, le temps est passé…
Dans sa robe noire elle semblait une veuve, qui ne peut jamais être tout à fait une veuve, à cause des cheveux blonds, du plaisir des cheveux blonds. Et elle était si faible et si douce, si tendre, éclairée par l'ardente lumière rouge, si désarmée, qu'Antoine se rapprochait d'elle, l'écoutait, la plaignait, la touchait.
— Mourir, suppliait-elle encore, mourir, mourir…
Et voici qu'elle s'allonge, qu'elle se glisse sur Antoine, que son regard est sournois, est comme une âme qui rampe vers sa proie, qu'elle-même est tout entière une chaude panthère couchée, soulevée, et d'une voix que la hardiesse et la défaillance entrecoupent :
— Le plaisir, dit-elle, le plaisir, mon chéri, donne beaucoup de courage pour mourir…