Toulon a 1600 livres ; Douai 1800 liv. ; Orléans 1000 liv. de l’Administration & 1000 liv. de la Ville ; Phalsbourg 400 liv. ; Mets 500 livres.
D’autres Postes sont à la charge du Roi, telles que Nonau le Fusellier, qui a 600 liv. ; la Motte-Beuvron pareille somme de 600 liv. ; Brest 1200 livres ; Troyes 2400 livres, & une infinité d’autres dont il devient inutile de présenter ici l’énumération.
Les Maîtres de Postes ne se dissimulent pas, Nosseigneurs, que dans le moment où vous vous occupez à rétablir les Finances, dans un moment où chacun de vous travaille par des épargnes en tout genre à reparer le déficit, les Maîtres de Postes ne se dissimulent pas combien il est délicat, combien peut-être ce serait contrarier vos travaux & vos vues de demander à l’Assemblée Nationale une indemnité pécuniaire en remplacement de leur Privilége.
Les Maîtres de Postes se livrant entièrement à la respectueuse confiance que vous avez si justement inspiré à tous les Citoyens vraiment Français, oseront prendre la liberté de soumettre à vos lumières un autre moyen capable de balancer momentanément les pertes des Maîtres de Postes, & de leur faciliter le moyen de soutenir leur état & le service public, en attendant que des circonstances plus heureuses vous mettent à portée de les indemniser dans les proportions de la perte de leurs Priviléges.
Ce moyen simple & d’autant plus avantageux qu’il établirait l’égalité entre tous les Maîtres de Postes, se réduit à une très-légère augmentation du prix de la course des chevaux, & l’exemption des charges de Paroisse ; telles que le marguillage, la collecte, &c. L’adoption de ce moyen coûtera d’autant moins à votre justice, qu’il est vrai de dire que s’il n’est point de pays en Europe où le Service des Postes se fasse avec autant d’exactitude & de célérité qu’en France ; il n’en est aucun où il en coûte aussi peu pour se transporter promptement d’un endroit à un autre.
Il est vrai de dire encore que le prix de la course des chevaux de Poste a varié en différens tems, & rien n’a dû paraître plus juste ; l’analise fort en abrégé n’en saurait être déplacée dans ce Mémoire.
Par une Ordonnance du 16 Octobre 1693, Louis XIV a fixé les chevaux de trait à trente-cinq sols ; on voit par un Arrêt du Conseil, du 22 Septembre de la même année, que malgré cette augmentation beaucoup de Maîtres de Postes se sont vus forcés d’abandonner le service.
En 1729 le prix fut fixé à 40 sols par chaque cheval attelé aux Berlines & Chaises à deux personnes. On ne connaissait point encore les limonières qui font la ruine des chevaux de Poste.
Une Ordonnance du 19 Juin 1741, porte qu’à commencer du premier Juillet suivant, il serait payé trente sols pour chaque cheval indistinctement.
Ce n’est que depuis 1759, que le prix des chevaux a été restraint à 25 sols, si l’on en excepte cependant l’année 1784 que le prix fut porté à 30 sols pour l’espace seulement de 18 mois.