Influence de la cuisson du lait sur sa digestibilité

C'est un fait reconnu que le lait bouilli ou stérilisé perd la plupart des qualités nutritives du lait frais. Le docteur Brouardel a montré que le lait chauffé dans un vase directement exposé au feu perd, à 85 degrés, plus de 28% de lécithine, tandis que, traité au bain-marie, il n'en perd que 12%. Obermeyer a montré que le lait des vaches contient de 1 1/2 à 2 grammes d'acide citrique par litre, et cet acide est presque complètement détruit par le chauffage (après 5 minutes d'ébullition cette quantité est réduite de 31.9%). Le chauffage au bain-marie provoque également moins de pertes en acide citrique que le chauffage à feu nu. Dans la première méthode, le lait perd seulement 4.13% de son acide citrique après un chauffage à 75 degrés pendant 15 minutes. Le docteur Blackader dit que, dans le lait chauffé à 70 degrés, les matières protéiques (azotées) sont modifiées et rendues apparemment moins digestibles, les sels sont moins facilement absorbés et les ferments naturels sont détruits. Le docteur Kerr dit que le résultat chimique de l'ébullition est de tuer toutes les cellules vivantes et de coaguler les constituants albuminoïdes. Le résultat physiologique est une perte notable de la vitalité du lait, parce que les cellules vivantes n'entrent pas dans la circulation comme le protoplasme vivant et n'aident plus à la formation des tissus, comme elles le font dans le lait frais non bouilli. Le professeur Koch dit que la pasteurisation et la stérilisation du lait réduisent beaucoup ses bonnes qualités. Le professeur Behring affirme que l'ébullition détruit les qualités nutritives de l'albumine. Le docteur Bruch, dit que l'ébullition du lait, en le privant d'ailleurs de certaines matières grasses volatiles, rend insolubles les matières albuminoïdes qui, dès lors, ne subissent pas, dans l'estomac, les changements que provoque la digestion naturelle et passent dans l'intestin, où elles se putréfient souvent, ce qui amène des troubles et des intoxications.

Le scorbut, est une des maladies qui résultent de la consommation de laits chauffés, mais il n'est pas absolument nécessaire qu'un enfant souffre du scorbut pour qu'il soit indiqué que sa nourriture ne convient pas. Les faits mêmes montreront, dans beaucoup de cas, que les laits chauffés ne sont pas une nourriture appropriée pour les enfants.

Il résulte d'un grand nombre d'expériences faites à l'Académie agricole de Hohenbeim, qu'un lot de 22 veaux nourris avec du lait non cuit, a produit journellement, par tête, une augmentation de 0 kg. 900; cette augmentation est tombée 0 kg. 760 avec le lait cuit pour un autre lot, en tout semblable, de 17 veaux, soit une diminution de plus de 15 0/0. Tous les veaux recevaient la même ration de lait donné, cuit ou non cuit, à la chaleur naturelle. L'estomac des jeunes veaux est très comparable à celui des enfants.


Les Viandes de Boucherie

Toute viande envisagée au point de vue alimentaire, et conséquemment d'une façon commerciale, possède deux valeurs bien distinctes, l'une qui est sa valeur absolue et l'autre sa valeur relative.

Il n'est pas sans intérêt pour l'engraisseur de posséder sur ces points quelques renseignements qui l'aideront, le cas échéant, à préciser davantage l'estimation de ses animaux.

Occupons-nous aujourd'hui du premier point. La valeur absolue d'une viande est sous la dépendance de sa richesse et de la proportion des éléments nutritifs entrant dans sa constitution, comme aussi des qualités organoleptiques qu'elle possède, abstraction faite de la place qu'elle occupe dans l'animal.

En réalité, la valeur absolue constitue ce qui s'appelle vulgairement la qualité d'une viande. Examinons les différentes circonstances qui la font varier.