Et puis, au soir de la bataille, la victoire étant d'ailleurs dès longtemps assurée, il se retira sous sa tente et, sans abandonner sa bonne et vaillante plume, il vécut en sage.
On peut dire que les bruits du monde et même quelques-unes des rumeurs du forum expiraient à son seuil hospitalier. Non pas certes, qu'il fût indifférent et qu'il ne ressentit le contre-coup des événements publics: son patriotisme vibrait aux moindres chocs, prenait sa part de toutes les douleurs comme de toutes les joies, tendait hardiment la voile à toutes les espérances. Je veux dire seulement que, sans ambition et même désormais sans préoccupation personnelle, considérant les hommes et les choses dans un recul favorable aux jugements sans passion, il voyait en pleine lumière les secrets ressorts de certaines agitations, la vanité de certaines contingences et le péril, qui ne lui avait jamais échappé, de certaines doctrines.
Le Socialisme n'eut pas d'adversaire plus résolu, ni mieux armé et tous ceux qui suivent le mouvement des idées, savent quels trésors de bon sens aiguisé et de clairvoyante logique renferment le Triomphe du Socialisme et les Socialistes au Pouvoir, qui obtinrent la plus haute consécration qu'un livre puisse ambitionner.
Conseiller Municipal durant trente années, Ancien Président de la Société des Sciences et de la Commission des Musées, Vice-Président de la Commission historique du Nord, Membre du Conseil d'administration du Lycée Fénelon, lauréat de l'Institut de France, de la Société d'encouragement au bien, de la Société des Gens de Lettres, M. Verly nous laisse le souvenir d'une vie toute de travail, de droiture, d'honneur, au cours de laquelle aucune main ne s'est vainement tendue vers lui. Car il fut essentiellement, exemplairement bon. C'est cette vertu qui donnait tant de charme à son commerce et qui groupait autour de lui tant d'amitiés fidèles.
... Leur fidélité ne sera point rompue par la mort, mon cher maître, et notre vénération, nos respectueuses sympathies ne quitteront pas la maison où, celle qui fut la digne compagne de votre laborieuse existence, ne veut pas être consolée.
Puissent cependant les témoignages de haute estime prodigués aujourd'hui à votre chère mémoire par vos concitoyens et l'espoir, à tant de titres fondé, que l'homme de bien que vous fûtes, a reçu la suprême récompense, être un adoucissement à son immense douleur!
AVIS DE LA MAIRIE
Arrêté municipal
Vu l'article 97 de la loi du 5 avril 1884;