Que la gauche cherche à corriger des arbres naissants des inclinaisons vicieuses, quand elle les étaye pour les redresser, la droite, par son mouvement, s’efforce de leur imprimer une pénible courbure.
Ces obstacles, que la droite oppose aux actions de la gauche, ont forcé celle-ci d’être prompte dans ses mouvements, de servir avec vivacité le corps du pauvre infirme, et d’édifier assez solidement pour que le tic de la droite ne puisse détruire son ouvrage.
Ainsi de ces deux mains, celle que la nature avait placée pour servir le corps, le nourrir, l’entretenir, veiller à ses besoins, n’est qu’un membre inutile qui absorbe une partie de la nourriture de l’infirme, sans rendre en travail ce qu’elle dérobe en substance au membre laborieux.
Les besoins de l’individu dont elle fait partie ont multiplié les facultés de la main gauche: elle est devenue forte et puissante pour que le corps ne pérît pas par la faiblesse et la nullité de sa sœur. La nécessité de neutraliser les mouvements nuisibles de la droite ont obligé la gauche à prendre une bonne direction, à frapper juste et à ne pas jouer avec le précieux dépôt qu’on a pu lui remettre.
On conclut, en voyant la différente destinée de ces deux mains, que la droite a besoin d’être enchaînée; qu’elle était créée pour le repos, puisqu’elle ne peut agir sans nuire au corps. Quant à la gauche, la liberté lui est nécessaire. Des étourdis ont pu donner autrefois à l’infirme le dangereux conseil de souffrir l’amputation d’un membre qu’il nourrit à rien faire; l’expérience, bien meilleur conseiller, lui a prouvé qu’on ne survivait pas toujours à une violente opération; et bien que presque toujours la droite ait contrarié les bons mouvements de la gauche, elle a servi aussi, en venant la frapper, à lui rappeler la ligne qu’elle doit suivre pour se maintenir ferme et vigoureuse dans le cas où elle croirait pouvoir ou faiblir, ou s’égarer.
COUPS DE LANCETTE.
M. de Curzay vient de mettre dans son jardin un petit comité directeur pour effrayer les moineaux.
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Le premier coup de cloche que donnera M. Royer-Collard annoncera l’enterrement des jésuites.