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M. de Peyronnet s’était donné, pendant son ministère, une salle à manger... le budget.

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Il y a loin du dernier tarif des boulangers à la poule au pot.

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En convertissant les sinécures, les cumuls et les dotations en farine, le peuple pourrait tous les jours manger de la brioche.


Mardi, 5 mai 1829.
ESQUISSES DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS.
M. JACQUES LAFFITTE.—M. CASIMIR PÉRIER.

Ces deux honorables députés jouissent à un égal degré, quoiqu’à des titres différents, de la faveur publique. M. Laffitte, en travaillant par ses conseils et par son influence à la restauration de nos finances, n’a pas peu contribué à la libération du territoire. M. Casimir Périer ne s’est pas moins illustré par la défense des libertés nationales contre leurs ennemis de l’intérieur. Le premier a servi la France par son crédit et par ses lumières; le second a bien mérité d’elle par son éloquence patriotique. Toutefois, pendant le cours de sa carrière parlementaire, M. Périer s’est montré plus orateur, et M. Laffitte plus homme d’Etat. C’est qu’en effet, de nos jours, la richesse des nations est le véritable secret de leur puissance, et le politique le plus habile, celui qui entend le mieux l’administration de la fortune publique.

M. Jacques Laffitte est un homme de l’âge de cinquante-cinq ans environ. Sa figure est fine et spirituelle, son élocution facile et abondante, sa mise extrêmement simple, son abord affable et bienveillant. Quoique son immense fortune lui ait fourni mille occasions de rendre des services et, par conséquent, de rencontrer des ingrats, il n’est pas resté moins généreux ni moins confiant. On cite de lui une foule de traits d’obligeance et de délicatesse que nous aurions quelque embarras à signaler, nous autres frondeurs, dont l’habitude n’est pas de faire des panégyriques. Quand Bonaparte quitta la France en 1815, il remit à M. Laffitte cinq millions en dépôt contre un simple reçu. Quelques mois auparavant, Louis XVIII, fuyant devant l’empereur, lui avait confié, dit-on, le fruit de ses épargnes et le pain de son exil. Quand les hommes de Coblentz, devenus députés par la grâce de M. de Villèle et consorts, éliminèrent Manuel, d’héroïque mémoire, M. Laffitte accueillit ce grand citoyen dans ses bras et paya la dette de la France. Dernièrement enfin, dans le choix d’un mari pour sa fille, l’honorable député de Bayonne a donné la préférence à l’héritier d’un sang illustre versé par les mains ennemies et devancé, autant qu’il dépendait de lui, une grande réparation générale.