Les Français seront dorénavant admissibles à tous les emplois, pourvu qu’ils aient une fortune suffisante. Ainsi le veut un article nouvellement promulgué de la Charte Polignac.
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MM. de Polignac, de Montbel, d’Haussez, Chabrol, Courvoisier et Guernon de Ranville se trouvaient réunis, l’autre jour, en grand conseil.
—Oh! mon Dieu! que vous êtes jaunes, mes chers collègues, dit le prince romain.
—C’est que nous allons entrer en dissolution, répondirent tristement les cinq autres Excellences.
M. FONTAN A POISSY.
Il n’y manquait ce matin que le galérien malade, car, pour le reste, nous étions revenus aux beaux jours de M. Franchet, il y avait les gendarmes, les voleurs de grand chemin et, au milieu de tout cela, M. Fontan, que le préfet de police avait trouvé trop heureux à Sainte-Pélagie, et qu’il a fait transporter à la maison privilégiée de Poissy.
C’est un réveil digne de M. Mangin; la veille, il avait été assez clément pour le malheureux détenu. Il avait permis aux acteurs de l’Odéon, à mademoiselle Georges elle-même, de pénétrer jusqu’au prisonnier pour entendre la lecture d’un nouveau drame plein d’émotions neuves et fortes, composé sur la grande route de Bruxelles, au milieu des gendarmes de la Belgique, et terminé au milieu des gendarmes de Paris.
Et les acteurs avaient applaudi à ce drame de l’auteur de Perkins, et ils l’avaient quitté en lui promettant un succès de plus, et peut-être la liberté.
Le lendemain, c’était aujourd’hui, M. Fontan était arraché à ses amis de prison, au concierge qui l’aimait, aux poètes ses collègues, à tant d’organes de la presse libérale si facilement incarcérés; adieu à toute la prison, à sa cellule repeinte, à ses habitudes domestiques, à tout ce monde qu’il s’était fait pour cinq années! Oui, violemment arraché de tout ce bien-être; violemment arraché à ces porte-clefs qui lui souriaient; adieu même à ce Paris lointain du faubourg; adieu au Pauvre Jacques: M. Mangin le veut, il faut aller à Poissy.