[78] Voir sur la diminution, depuis 1789, de la consommation de la viande par chaque individu, les Recherches de Benoiston de Chasteauneuf, 1821, in-8º, 1re partie, p. 67. Cette diminution relative, qui date de 1789, a toujours été en croissant depuis, et c’est là un fait bien remarquable et digne d’être médité.

[79] Il falloit bien au reste que la consommation de Paris fût très-considérable. J’ai vu dans les registres du Parlement la preuve qu’en 1422 on amenoit même de Savoie des bœufs à Paris (14 juillet 1422). Une ville pour laquelle des approvisionnemens arrivent de si loin est nécessairement très-peuplée. Au reste, il existe d’autres données qui permettent d’établir assez positivement le chiffre de la population parisienne à la fin du XIVe siècle. On peut, si l’on veut, négliger comme trop vague ce que dit Froissart (t. II, p. 259 de l’éd. du Panthéon) à l’occasion du retour de Flandres en 1383, de la partie de cette population capable de porter les armes, mais, comme Paris comptoit en 1328 61,098 feux que M. Géraud dans son Paris sous Philippe le Bel évalue par des calculs très-modérés, peut-être même trop modérés, à 275,000 habitans, comme ce chiffre a dû s’élever pendant le règne de Charles V et les premières années de Charles VI, il semble qu’on ne peut guère évaluer la population de Paris à la fin du XIVe siècle à moins de 3 ou 400,000 habitans. Voir pour plus de détails sur la population de la France au XIVe siècle, le mémoire de M. Dureau de La Malle (Acad. des inscr., T. XIV, 2e p. p. 36); pour Paris l’excellent travail de M. Géraud, p. 465 de Paris sous Philippe le Bel, et pour le XVIe siècle les Relations des ambassadeurs vénitiens.

[80] T. I, p. 7. Ces demandes d’ébatement ou jeux semblent avoir donné lieu à une manière de parler proverbiale que je trouve consignée dans les plaidoieries civiles du Parlement à la date du 27 juin 1392. Acarot dit que s’il s’en mesloit plus, qu’il lui trancheroit la teste, et dit que pour roy ne pour roc il ne lairoit que il ne lui couppast la teste.

[81] L’ordonnance de Charles VI du 10 janvier 1396-7 ne défend la chasse qu’aux non-nobles laboureurs et autres non privilégiés, (les habitans d’un assez grand nombre de villages avoient droit de chasse) et non autorisés par des personnes ayant elles-mêmes droit de chasse. Cette ordonnance reconnoit de la manière la plus formelle le droit de chasse aux bourgeois vivans de leurs possessions et rentes.

[82] Modus, feuillet 101.

[83] Voir l’article sur lui, p. LXIX.

[84] Ed. Vérard, feuillet X V.

[85] Ib., feuillet X IV.

[86] S’il a été aidé par quelque ouvrage antérieur, peut-être seroit-ce par un traité italien, attendu le nom de faucon vilain qu’il donne au lanier, et qui lui étoit encore donné en Italie au XVIIe siècle. Voy. aussi T. II, p. 310, la note sur le vol du faisan par l’épervier.

[87] La chasse à l’oiseau est encore actuellement pratiquée en Syrie. L’émir Beschir, prince des Druses, avoit des oiseaux dressés qui furent pillés en 1840, lorsque les événemens le contraignirent à quitter le pays, et rachetés depuis par M. Catafago, vice-consul d’Autriche à Saïda (près Beyrouth), qui les possède encore aujourd’hui. A Damas, Choudjà’ Eddaouleh et Seïf Eddaouleh, neveux du schah actuel de Perse, retirés en Syrie, chassent aux perdrix avec des sacres (voy. T. II, p. 323). M. Schefer, second drogman du consulat général de Smyrne, a fait avec ces princes une chasse dans laquelle deux sacres prirent en une heure et demie quinze ou vingt perdrix. D’après le récit circonstancié qu’il a bien voulu me faire, ces oiseaux nommés sacres dans le pays, originaires de Tartarie ou du Turkestan, certainement les sacres de nos anciens fauconniers, et par conséquent oiseaux de haut vol (rameurs, selon Huber; voy. T. II, p. 318), sont cependant dressés comme l’étoient autrefois les oiseaux de poing (voiliers, selon Huber); ils partent du poing de leur maître quand le gibier se lève, et se perchent sur les buissons quand la perdrix s’y est remisée, pour la prendre plus facilement dès qu’elle en sort. C’est bien là la manière de l’autour et de l’épervier, mais l’identité d’origine septentrionale et de nom ne permet pas de douter que ces oiseaux ne soient bien nos sacres.