[169] Philosophe chaldéen qui, suivant Jacques de Cessoles, auteur du Jeu des échecs moralisé, auroit inventé le jeu d’échecs. L’auteur du Ménagier cite ici l’ouvrage de J. de Cessoles, dans lequel on trouve, au chapitre de la Reine, les histoires de Romilde, de Lucrèce, de Papirius, qu’il va raconter aussi, mais en les développant.
[170] Oui.
[171] De Bénévent.
[172] S’en détournèrent, de desmouvoir.
[173] Cette duchesse est Romilde, veuve de Gisulfe, duc de Frioul, tué en 611, dans une bataille contre les Abares. Après la mort de son mari dont elle avoit eu quatre fils et quatre filles, elle fut assiégée par le khan des Abares dans Forojulium, aujourd’hui Civita di Friuli. Éprise de la figure du khan, elle lui offrit (et non à un de ses chevaliers) la place et sa main; son offre fut acceptée, mais le khan, maître de la place, fit empaler Romilde et emmena ses enfans et les principaux citoyens en captivité. Les quatre princes s’échappèrent sur la route. Les deux aînés, Tason et Caccon, furent ducs de Frioul, de 621 à 635. Le troisième, Rodoald, fut duc de Bénévent, de 642 à 647, et le dernier, Grimoald, fut duc de Bénévent après son frère, et roi des Lombards en 662; il mourut en 671. On a assez peu de renseignemens sur l’origine de plusieurs de nos reines de la première race. Je n’ai pas trouvé qu’aucune d’elles ait été sœur de Grimoald. La même histoire est racontée avec quelques-unes des inexactitudes de l’auteur du Ménagier, dans le LVIIIe chapitre du Compendion historial; Paris, Ant. Vérard, 1509.—Elle est tirée de Paul Diacre.
[174] L’auteur du Jeu des Échecs moralisé.
[175] Invita, de semondre.
[176] Par telle convention.
[177] État, disposition d’esprit.
[178] Les occupations que l’auteur donne ici aux Romaines étoient sans aucun doute celles des femmes de son temps, et ce passage est certainement un des plus curieux de son livre. Le bric, qui me paroît la même chose que la briche ou bricque, est déjà cité au XIIIe siècle dans les œuvres de Rutebeuf (de Brichemer), on y jouoit assis et à l’aide d’un petit bâton.—Qui féry? me paroît évidemment notre main chaude.—Le jeu de pince-merille est écrit pince-morille dans les jeux de Gargantua (Rabelais, livre I, chapitre XXII), c’est tout ce que j’en connois.—Le tiers étoit une sorte de colin-maillard dont il est parlé dans Rabelais, les Arrêts d’amour et des lettres de rémission de 1391, citées par Du Cange au mot Tertium.—La mention des cartes comme jeu d’ébatement, dans un ouvrage écrit sûrement en 1393, est fort importante, et nous paroît démontrer la réalité de la distinction établie par M. Duchesne entre les cartes jeux d’ébatement, jeux d’enfans, naibi, et les cartes devenues quelques années après jeu de hasard. En lisant ce passage du Ménagier on comprend que les cartes aient pu être connues en 1369, et ne pas figurer cependant parmi les jeux de hasard défendus cette année par Charles V. (Voy. Jeux de Cartes tarots, publiés par la Société des Bibliophiles, 1844, in-folio, p. 4.)