—Il se lève tous les jours à neuf heures, répond la jeune fille, déjeune à dix, se rend ensuite à un kiosque situé à un kilomètre au couchant du village, au pied d'une riante colline. C'est là qu'il passe le reste de la journée, se promenant dans son jardin ou s'enfermant dans son cabinet de travail.

—J'en sais assez, mon enfant. Pendant trois jours, à onze heures et quart, vous réciterez un chapelet pour la conversion de votre père.

Le lendemain, après s'être livré aux occupations de son ministère, le saint prêtre s'acheminait vers le kiosque. Quand il fut à quelques pas du vieillard, après l'avoir salué gracieusement, il s'arrêta comme pour lui parler.

—Que signifie ceci, monsieur l'abbé? dit Arthur étonné et presque fâché.

—Monsieur, je vous demande pardon si je vous ai offensé, répond le missionnaire; mais la vue de votre jardin m'a charmé, je voulais vous adresser mes félicitations.

Ce compliment adoucit le vieillard, qui lui dit:

—Si je ne suis pas trop indiscret, monsieur l'abbé, puis-je vous inviter à m'accompagner à mon kiosque?

—Avec plaisir, répondit le prêtre.

Et chemin faisant, en parlant de la pluie et du beau temps, on arriva au kiosque. On entra dans le jardin, on admira les fleurs, les ombrages, les bassins, les berceaux de verdure, les cascades, et on pénétra dans le pavillon. Le missionnaire, que les travaux de son ministère appelaient au village, prend congé du vieillard; celui-ci, charmé de la simplicité, de l'esprit et des manières polies de l'abbé, lui fait promettre de se retrouver le lendemain à la même heure dans son pavillon.

Irma avait récité son premier chapelet, à l'heure prescrite, avec une ferveur extraordinaire.