Note 2:[ (retour) ]Armand de Pontmartin, Correspondant (Extraits).
6.—UN PÈRE CONVERTI PAR SON ENFANT.
On trouverait difficilement un récit plus touchant que celui qui nous a été laissé par le héros de cette histoire, heureux privilégié des miséricordes divines.
«J'ai été élevé aussi mal que possible sous le rapport religieux, non seulement dans l'ignorance de la vérité, mais dans le goût, dans le respect, dans la superstition de l'erreur, et je quittai mes classes, bien muni d'arguments contre Notre-Seigneur et contre l'Église catholique.
Élevée comme moi, aussi ignorante que moi, ma femme était beaucoup meilleure. Elle avait le sens religieux. Il se développa lorsqu'elle devint mère; et, après la naissance de son premier enfant, elle entra tout à fait dans la voie. Quand je songe à tout cela, j'ai le coeur remué d'un sentiment de reconnaissance pour Dieu, dont il me semble que je parlerais toujours, et que je ne saurais jamais exprimer.
Alors je n'y pensais point. Si ma femme avait été comme moi, je crois que je n'aurais pas même songé à faire baptiser mes enfants. Ces enfants grandirent. Les premiers firent leur première communion, sans que j'y prisse garde. Je laissais leur mère gouverner ce petit monde, plein de confiance en elle, et modifié à mon insu par le contact de ses vertus que je sentais et que je ne voyais pas.
Vint le dernier. Ce pauvre petit était d'une humeur sauvage, sans grands moyens; si je ne l'aimais pas moins que les autres, j'étais cependant disposé à plus de sévérité envers lui. La mère me disait: