7.—UN CADEAU INATTENDU.
Dans une fonderie située près de Paris, il y avait un ouvrier qui avait reçu autrefois une certaine éducation. Mais des revers de fortune l'avaient obligé à chercher du travail.
Un jour, il fit un faux pas, tendit ses mains en avant pour amortir sa chute, et sa main droite alla malheureusement s'étendre sur un morceau de fer rouge qui la brûla jusqu'à l'os. Le malheureux subit l'amputation avec courage; mais il ne souffrit pas avec un courage égal une infortune qui le privait, lui, sa femme et ses quatre enfants, du pain quotidien; ses plaintes s'exhalaient en affreux blasphèmes.
Informée de sa triste situation par une bonne-soeur de charité, la comtesse *** se hâta d'accourir. Elle prodigua avec ses secours les bonnes paroles, multiplia ses visites, ses cadeaux, ses encouragements.
L'ouvrier la recevait froidement, acceptait tout poliment, remerciait sèchement et, dès que la charitable comtesse avait franchi le seuil de la mansarde, il se tournait vers sa femme et lui disait d'un ton railleur: «Les visites de cette dame sont bien intéressées, j'en suis sûr, c'est en vue des prochaines élections qu'elle nous vient en aide.»
Tout en partageant les sentiments de son mari, Annette ne parlait pas comme lui. Elle faisait bonne mine à la comtesse afin que les dons en faveur de ses enfants fussent augmentés.
Mais son coeur restait fermé, et la généreuse bienfaitrice ne se faisait pas illusion sur les vrais sentiments de sa protégée.