Et le père, témoin muet de cette scène, ne put s'empêcher de verser des larmes et de dire:
«Mon Dieu! que faut-il donc pour la rendre heureuse?»
Aussitôt l'enfant quitte les bras de sa mère, se jette dans ceux de son père en s'écriant:
—Ô père! si vous vouliez!
—Mais, ma fille, nous ne vivons que pour toi; dis-moi, que faut-il faire?
—C'est vous qui êtes la cause de ma tristesse.
—Nous? répond la mère.
—Moi? répond le père étonné.
—Hélas! reprit l'enfant. J'étais heureuse il n'y a qu'un moment; mais ma cousine est venue me dire:
—Tu ne sais pas, Berthe? mon père et ma mère communient demain avec moi. Alors je me suis dit pendant le chemin: «Et moi, demain, je serai donc heureuse toute seule!»