Non potis ergo tuas vellis extinguere flammas
Sed cum pasce tuis mitior ignis erit
Je sçay bien que tu ne sçaurois
Reffraindre ainsi que tu vouldroyes
Les ires diverses et fortes
Qu'il fault que soustiennes et portes
Et bonnement ne le pourroyes
Mais il fault que saige tu soyes
Et que rapaises doulcement
Ton grant labeur et que tu voyes
Ta douleur prendre amandement
Imperium veneris fac dum sua miles haberis
Ne tibi sit dampno lisque labor que tuus
Fay de venus la singuliere
Voulenté en ceste maniere
Et luy obeys totalement
Tant que tu es sa chevaliere
Militante soubz sa baniere
Faire fault son commendement
Obeys luy tout doulcement
Affin que peine et labouraige
Ne te retourne a dommaige
Car venus a ceste puissance
De donner tristesse ou plaisance
A ceulx qui sont soubz la cordelle
Tu luy dois monstrer obeissance
Pour acquerir la grace d'elle
Incipiens temere male perdis gaudia vite
Te que tuos que dies noxius error habet
Se tu commences tes amours follement
Commencement
Dangereux trouveras
Car les joyes perdras entierement
Soudainement
De ton entendement
Et ne sera point ton estat eureux
Tes jours en tous lieux
Erreur envieux
En soucy tiendra
Sans recouvrer mieulx
Tes jours jeunes vieulx
Desplaisir prendra
Tantum mente vides vultus absentis amici
Nocte die que tuos non minus ipse videt.
De ton amy en son absence
Tu voys seullement l'insollence
Et la playe qu'il a pour toy
Pareillement fait il de toy
Il n'en a pas moins d'aparence
Se tu penses a luy il pense
A toy par comparable essence
Selon des amoureux la loy
De ton amy en son absence
Tu voys seulement l'insolence
Et la playe qu'il a pour toy
Se tu seuffre douleur immence
Qui te tourmente sans clemence
Il y a bien cause pourquoy
Tu sens douleur et puis je voy
Que oultre ta dure pestilence
De ton amy en son absence
Tu voys seulement l'insolence
Et la playe qu'il a pour toy
Pareillement fait il de toy
Il n'en a pas moins d'aparance
Alter in alterius fert tantum lumina vultus.
Res dabit ambolus ista morando necem.
L'ung seulement l'autre regarde
En regretz et en desconfort
Je m'esbahy qui vous retarde
Qu'en vous ne prenés reconfort
Se ne prenés en vous confort
Croyez que sans difficulté
Ce mal vous donnera la mort
A tous deux je dy verité
J'en ay gousté
Yver esté
Du mal d'amours
Je n'ay esté
En ma beaulté
Par plusieurs jours
J'ay fay des tours
Abiles lours
Maintenant en ma povreté
Je me retire comme lours
Qui doubte du temps le decours
Quant il est en sa grant bonté