VI

FRANZ

Grâce à la description par trop vive de la fin de ma dernière lettre, je ne vous ai pas encore raconté ce que je voulais vous dire. Le souvenir des plaisirs secrets que je goûtais au temps de ma floraison virginale m'a fait sauter la plume hors des mains. Celles-ci ont rempli un rôle qui, aujourd'hui encore, en pleine maturité, n'a pas perdu tous ses charmes pour moi et auquel j'ai encore très souvent recours dans ma défiance justifiée des hommes. Je vous ai déjà dit que mon prochain aveu m'est très pénible. Je vous ai déjà confessé le plus gros; je dois pourtant faire un grand effort pour être sincère dans ce qui va suivre. Je vous l'ai déjà dit, je ne regrette rien de ce que j'ai fait pour assouvir ma sensualité,—excepté mon abandon complet à cet homme sans conscience qui, sans votre aide, m'aurait rendue malheureuse pour toujours. Ainsi, je ne regrette pas ce que j'ai fait alors, à Vienne, vers la fin de mes études musicales.

Quand que je fus assez avancée pour étudier des rôles, j'eus besoin d'un accompagnateur. Il devait être au piano pendant que je marchais par la chambre, que j'étudiais mon chant et mes gestes. Mon professeur me recommanda un jeune musicien qui sortait du séminaire. Il s'occupait spécialement de musique religieuse et il gagnait sa vie en donnant des leçons. C'était un jeune homme d'une vingtaine d'années, excessivement timide, pas très beau, mais très bien fait, très propre, très soigné dans sa mise, ainsi que la plupart de ceux qui sortent d'un institut religieux. Il était le seul jeune homme qui fréquentât régulièrement chez nous à l'heure des leçons; il est donc très naturel qu'une sorte de familiarité s'établit bientôt entre nous. Il m'évitait, était toujours très timide et gauche, et n'osait presque jamais me regarder. Vous connaissez mon espièglerie et mon esprit entreprenant. Je m'amusai donc à le rendre amoureux, ce qui ne me fut pas très difficile. Il n'est pas de meilleure complice que la musique, elle prépare mille occasions, et comme mon talent se montrait puissamment durant ces exercices, je remarquai très bien qu'il s'enflammait peu à peu. Je ne l'aimais pas—je ne connus ce puissant sentiment que beaucoup plus tard,—cela m'amusait d'observer quelle influence j'exerçais sur un homme encore pur, moralement et physiquement pur. Ce jeu était très cruel de ma part: comme je le reconnais maintenant, il m'est très difficile de vous raconter ce qui arriva. Après tout ce que je venais d'apprendre et d'expérimenter moi-même, j'étais très curieuse d'en savoir plus long. Je me demandais, avec toute ma petite raison de jeune fille indépendante, comment pousser Franz (c'était le nom du jeune musicien) à quelque chose de plus décisif que des soupirs et des regards langoureux durant mes vocalises. Quand une femme cherche des moyens, ils sont bientôt trouvés. Ma vieille parente allait deux fois par semaine au marché faire ses achats nécessaires au ménage. Elle sortait à l'heure de mes leçons. Quand Franz arrivait, la femme de ménage lui ouvrait la porte sans venir l'annoncer, car elle savait que je l'attendais. C'est là-dessus que je fondais mon plan. Entre autres choses, je racontai à Franz que souvent je ne pouvais pas dormir la nuit et que si je me recouchais après déjeuner l'on avait beaucoup de peine à me réveiller tant mon sommeil était lourd. Quand il sut cela, je l'attendais naturellement la prochaine fois, couchée sur le sofa dans une pose choisie. Franz arriva comme d'habitude à dix heures. J'avais relevé une jambe, le mollet était visible jusqu'à la jarretière, mon pied s'était tout naturellement dérangé, nuque et gorge étaient nues. J'avais replié un bras sur les yeux, afin de voir par-dessous tout ce que Franz allait faire. Je l'attendais le cœur battant et sérieusement contente d'avoir aussi bien arrangé ma mise. J'entendis la porte de la cuisine se fermer et bientôt il entra. Il s'arrêta comme pétrifié sur le seuil. Son visage rougit, ses yeux s'avivèrent, ils semblaient vouloir me dévorer, mais me dévorer sans aucune férocité. L'effet de mon aspect était si indubitablement visible que j'eus un instant peur d'être seule avec lui, exposée à son bon gré. Il toussa légèrement, puis plus fort, afin de me réveiller. Comme je ne bougeais pas, il s'approcha du sofa et se baissa assez pour regarder, pour examiner. J'avais tout arrangé pour qu'il y vît quelque chose; mais Franz me raconta plus tard qu'il n'avait pas vu grand'chose. J'observais tous ses mouvements; je voulais dormir aussi longtemps que possible. Il toussa de nouveau, se moucha très fort, remua des chaises. Je dormais! Alors il se pencha sur ma gorge, puis regarda de nouveau avec beaucoup de curiosité. Je dormais! Tout à coup il sortit de la chambre pour partir ou aller chercher la femme de ménage. Le pauvret! j'étais fâchée d'avoir préparé vainement cette scène. Il m'avoua plus tard qu'il avait réellement cherché la femme de ménage, mais que celle-ci était sortie. Il revint au bout de quelques minutes et semblait encore plus irrésolu. Il fit de nouveau du bruit pour me réveiller, naturellement sans résultat, car je voulais obtenir gain de cause. Il était très excité et se demandait que faire. Mais j'avais bien appris les leçons de Marguerite et de «Félicia», je savais qu'un homme ne résiste pas longtemps à une telle occasion. S'il n'était pas expérimenté, François avait tout de même des sens, et il aurait dû être de pierre pour résister à une telle tentation. Et vraiment il eut le courage, et c'était là véritablement du courage étant donné mon caractère, de me toucher le mollet, puis le genou. Si ce contact m'excitait déjà tant, que devait être son état! Pauvre jeunet! Ses yeux fixaient craintivement mon visage pour voir si je n'allais pas me réveiller. Enfin, comme il continuait à me frôler magiquement, un frisson voluptueux m'inonda quand je sentis pour la première fois une main d'homme, et en même temps les souvenirs de mon enfance m'envahirent. C'était autre chose que tout ce que je connaissais. Je ne jouais plus la comédie quand je me mis à soupirer. Je fis un mouvement, je changeai de position, mais non pas au désavantage de mon pauvre cavalier tout tremblant. Il pensait que j'allais me réveiller; il put se convaincre que j'étais en pleine léthargie, et il recommença son jeu. Grâce à ma nouvelle position, il avait beaucoup plus d'emprise. Aussi ne se contentait-il plus de me frôler si légèrement: il essayait tout doucement de tout voir. Vous m'avez dit vous-même, quand vous m'examiniez, que malgré la dévastation causée par cette dégoûtante maladie, j'étais très bien conformée. Aussi, pouvez-vous croire que François devint hors de lui, complètement hors de lui, et que même son insurmontable timidité fut tentée! Il me caressait aussi légèrement que possible; ces caresses étaient l'objet—et je dois l'avouer—de mes désirs. Je connus la différence entre la caresse d'un homme et celle de Marguerite ou la mienne. Tout en dormant je m'étendais, me mouvais, mais je me gardais bien de changer véritablement de position, ce qui aurait été bien naturel pour une femme endormie. François ne pouvait plus se maîtriser. Il commença fiévreusement à se préparer et je dois dire qu'il m'aurait sûrement conquise sans les avertissements de Marguerite que j'avais vivement en esprit. Je voulais devenir une grande actrice, cela était une résolution inébranlable, mais j'étais tout aussi résolue à jouir de tout ce que mon sexe pouvait goûter sans danger. Il ne s'agissait donc pas de m'abandonner à un petit blanc-bec sans expérience! Je m'éveillai donc au moment où il s'agenouillait hors de lui; je regardais avec des yeux épouvantés le téméraire, et d'un seul mouvement de côté il perdit tous les avantages de la position.

Vous avez toujours loué mon grand talent de comédienne. Ici, il se passa une belle scène, vous auriez eu l'occasion d'admirer la vérité de mon jeu. D'un côté, reproches, déception, pleurs; de l'autre, peur, trouble, honte. Il oubliait de cacher la véritable nouveauté de la situation, ce qui m'était très agréable, car sous mes larmes et mes sanglots je pouvais satisfaire ma grande curiosité. Je pouvais me féliciter de ma ruse, j'avais gagné un jeune homme très robuste. L'explication fut très simple. Je lui prouvai qu'il m'avait déshonorée, qu'il devait quitter la ville si je voulais me plaindre de sa conduite éhontée. Je l'aurais chassé, et il ne serait plus revenu, si je ne lui avais avoué que j'avais un faible pour lui et que depuis longtemps j'avais remarqué son amour. Je lui pardonnais sa faute à cause de sa grande passion. Je lui dis cela avec conviction et tout naturellement; il me crut sur parole. Il s'apaisa peu à peu, se montra très visiblement respectueux, timide et honteux de ce qu'il appelait son crime, et tout se termina dans un long baiser qui ne voulait pas finir.

Tout cela n'alla pas plus loin ce jour-là. Il était aussi timide qu'auparavant et ne se permettait rien. Après tous ces reproches, ces aveux, ces pardons, tout se passa comme si rien n'était arrivé. Notre leçon de chant fut très ennuyeuse; et quand ma tante revint du marché, Franz me quitta tout honteux et craintif. Je compris que mon plan si rusé n'avait servi à rien. Je compris qu'il n'allait plus revenir. Mais je ne voulais pas m'être si grossièrement trompée! J'étais inquiète et distraite; je me creusais la tête pour arriver à mes fins sans risquer mon honneur. Avant tout, je devais me retrouver seule avec lui. J'avais deviné juste. Il me l'avoua plus tard, il avait décidé de ne plus franchir notre porte. Il ne m'était pas difficile de faire tout ce que je voulais; je ne l'aimais pas; je m'entêtais à faire ma volonté. Mon professeur de chant me servit d'intermédiaire. Je le priai de bien vouloir m'examiner pour voir si j'avais fait des progrès avec l'accompagnateur qu'il m'avait recommandé. Franz dut donc assister à cet examen, et il fut bien surpris de se rencontrer tout à coup avec moi. Je lui dis en cachette que je devais absolument le voir, que ma tante ou que la femme de ménage avait dû remarquer quelque chose. Fort troublé, il était prêt à tout; je lui donnai rendez-vous pour le soir, au théâtre. Or, quand des jeunes gens ont des rendez-vous secrets, le reste s'ensuit tout naturellement. Un grand pas était donc fait. Le soir, je quittai ma loge comme d'habitude et je rencontrai Franz à l'endroit convenu. Il m'attendait déjà. Je lui dis que, d'après les étranges allusions de ma tante, la femme de ménage avait dû nous épier. J'étais désespérée, car je ne savais pas ce qu'il avait fait pendant que je dormais et jusqu'à quel point il avait poussé son audace. Je lui dis encore que je me sentais indisposée depuis, fiévreuse, que je soupçonnais le pire. Franz ne savait comment m'apaiser. Entre temps, nous étions déjà tout proches de ma demeure. Si cela continuait ainsi, tous nos reproches et nos pardons n'y faisaient rien, nous nous serions séparés simplement, nos relations n'auraient pas été changées. Tout à coup, au plus haut degré de mon excitation, je me trouvai mal, je ne pouvais plus faire un pas. Franz fut forcé d'aller quérir un fiacre, et si je ne l'avais pas tiré derrière moi, il m'aurait laissée m'en retourner toute seule à la maison. Dans le fiacre étroit et sombre, il ne pouvait plus m'échapper. Les minutes passaient rapidement; je lui dis que je ne pouvais pas me présenter ainsi, en larmes et en désordre à ma tante, et de dire au cocher de nous mener sur les glacis. Tout alla dès lors pour le mieux. Les larmes devinrent des baisers et les reproches des caresses. Je ressentais pour la première fois le charme d'être étreinte par un homme. Je me défendais faiblement, car sa timidité l'aurait fait cesser immédiatement. Je voulais toujours savoir ce qu'il avait fait durant mon long sommeil. Quand il vit que ses explications et ses promesses ne pouvaient pas me convaincre, il essaya enfin de me prouver qu'il s'était contenté de peu. Il me prouva facilement ce que je savais depuis longtemps. Il osa la première caresse qui me procura une tout autre sensation que durant mon sommeil simulé, car cette fois il me baisait sur la bouche. Il me serrait contre lui aussi fortement que possible et me laissait aller peu à peu, comme cédant à ses caresses. Je soupirais, mes reproches cessèrent avec mon souffle devenu plus court, je jouissais avec volupté de ses tendresses. Il est vrai qu'elles étaient bien franches et inexpérimentées. Je savais bien mieux faire tout cela et provoquer le bon moment. Franz ignorait, le pauvret, que la sensibilité la plus grande se trouve dans le parvis. Il tâchait toujours de faire le mieux possible, mais sans savoir de quoi il s'agissait; cependant il m'embrassait, et plus il y réussissait, plus il était hors de lui. Je sentais bien que la nature lui dictait d'aller jusqu'au bout, de s'unir à moi complètement. Mais il ne s'agissait pas de cela et jamais il ne devait en être question entre nous. Je l'avais décidé. Aussi quand il me pressait trop et qu'il essayait autre chose, je le repoussais violemment en arrière et le menaçais de crier au secours. J'étais de nouveau tolérante et bonne quand il s'écartait effrayé et se contentait de ce que je lui laissais. J'étais très heureuse de la réussite de mon plan, bien que cette jouissance fût encore bien incomplète. J'avais pris ce fiacre pour me remettre de mon malaise; notre entretien pourtant ne me le permettait guère. Enfin, je dus me dépêcher pour rentrer à l'heure à la maison.

Je quittai Franz avec la certitude de le revoir bientôt, et je ne me trompais pas. Il vint, et commencèrent alors une suite d'heures heureuses et sensuelles. Aujourd'hui encore, elles sont mon plus beau souvenir, bien que j'aie depuis connu d'autres voluptés plus intenses et plus riches. Avant de vous raconter la suite, je dois intercaler ici une aventure que j'eus encore ce soir-là et qui me permit de jeter un regard profond dans les conditions de la société humaine; une fois de plus, j'eus la preuve que toute apparence est trompeuse. Ma vieille parente était déjà dans la quarantaine, c'était une bonne ménagère, un modèle d'ordre, de vertu et d'épargne. Les seuls êtres auxquels elle s'intéressait étaient un canari et un roquet gras et rond qu'elle ne laissait jamais sortir de sa chambre et qu'elle menait elle-même promener dans la journée. Je rentrai plus tard que je ne pensais, la femme de ménage me dit que ma tante était déjà couchée. Je me déshabillai aussitôt, afin qu'elle ne remarquât point ma toilette, tant soit peu en désordre, car je voulais encore aller lui souhaiter bonne nuit et lui raconter quelque histoire pour lui expliquer mon retard. Comme je ne voulais pas la réveiller si elle dormait, je regardai par le trou de la serrure pour voir s'il y avait encore de la lumière dans sa chambre. J'aurais attendu tout, excepté le spectacle qui s'offrit à ma vue! Ma tante était au lit. Elle avait rejeté la couverture, elle tenait son chien, qui était en train de caresser avec la plus grande ardeur les restes de son ancienne splendeur. Ce spectacle n'était pas très appétissant. Bien que ma tante fût complètement habillée, elle avait peut-être été belle autrefois, mais elle n'était plus aujourd'hui qu'une vieille, maigre et décharnée, avec le visage dur, sur lequel poussait une moustache rêche et grise si vilaine qu'on ne saurait rien voir de si vilain, de si contraire à tout ce qui constitue la grâce et le charme de la femme.

Donc, ma tante aussi!

Pour elle, pourtant, j'aurais mis ma main au feu, et voici que je la surprenais! Elle n'était pas du tout indifférente à cette activité essentielle de la vie terrestre! Il est vrai qu'elle se contentait de peu. Probablement, elle craignait de se mettre entre les mains d'un homme, car vraiment elle ne pouvait plus avoir aucune prétention à l'amour et à la tendre jouissance. Cet acte était nouveau pour moi; je voulais savoir combien il durerait et comment il finirait; je restai donc à mon poste d'observation. Ma tante avait fermé les yeux, je ne pouvais pas voir l'expression de son visage et reconnaître l'effet que lui causait cette jouissance secrète. Par contre, ses mouvements disaient d'autant plus vivement le plaisir qu'elle y trouvait. Elle se mouvait et grimaçait de la façon la plus plaisante, mais qui aurait été bien propre à effrayer un enfant. Parfois, elle regardait à droite et à gauche si personne n'était là. Ma petite tante semblait très expérimentée, car quand le chien fut fatigué, elle perpétua les mouvements secrets que son bien-aimé roquet avait cessés. Le chien se grattait, se mordait pour attraper des puces. Et tandis que ma tante s'animait de plus en plus, son chien, qui ne s'occupait plus d'elle, s'amusait tout autant à sa manière. Mais cela ne lui réussit pas aussi bien qu'à sa maîtresse. Tant qu'elle se dépêchait, elle n'eut pas le temps de le chasser. Mais dès qu'elle eut atteint son but, détendu ses membres et que son âme se fut ouverte toute grande, elle lui appliqua un grand coup de pied. La pauvre bête se réfugia sous le lit en gémissant. Ma tante resta encore un instant immobile, puis elle remonta les couvertures et baissa la lampe.

Ce spectacle inattendu avait pris fin. Je me gardai bien de révéler ma présence derrière la porte. C'était encore une expérience, et cela au moment même où j'avais honte de tromper ma tante par un mensonge. Maintenant je savais à quoi m'en tenir et je ne voulais plus être trompée. Avant tout, je voulais essayer moi-même ce que j'avais vu faire! En tout cas, cela devait être sans danger, puisqu'une vieille fille aussi peureuse que ma tante s'y livrait. Je dois avouer que j'avais pitié de cet affreux chien qui n'avait pas pu satisfaire son désir. Délicieusement émue de tout ce que j'avais appris dans la journée, j'eus beaucoup de peine à m'endormir et je fis des rêves monstrueux où Franz et le chien étaient étrangement confondus. Le lendemain matin, je n'eus rien de plus pressé que d'envoyer ma tante en visite dans un faubourg éloigné, et quand je fus seule dans l'appartement je commençai l'expérience. Je compris pourquoi ma tante enfermait continuellement son chien. À peine fut-il dans ma chambre qu'il se mit déjà à renifler près de moi. Je l'avais déjà remarqué auparavant, mais sans y prendre garde, car ma tante l'appelait aussitôt et le prenait sur ses genoux. Je n'eus pas besoin de longs préparatifs pour arriver à ce que je voulais apprendre. À peine étais-je couchée sur le sofa, je lui laissai libre accès et il me rendit aussitôt les mêmes services qu'à ma tante. Décors et formes le déroutèrent au début. Il devint comme il était la veille au soir avant de chercher ses puces. Je ne pouvais que me réjouir de cette découverte. J'ai connu toutes les variétés des jouissances secrètes et je ne mens pas en disant que cette caresse d'un chien, si elle ne se fait pas trop violente, est la plus agréable de toutes, quoique incomplète. La plus agréable, parce que l'on reste soi-même complètement inactive et que l'on peut s'abandonner à son imagination, plus que durant toute autre pratique. Incomplète, parce qu'un assouvissement complet ne peut jamais avoir lieu. La caresse d'un animal ne s'accélère pas, ne s'anime pas, ne devient pas plus expressive, elle reste également agréable, chaude et humide. J'étais très curieuse de savoir combien je supporterais une telle excitation: cela dura un bon quart d'heure. Il y avait donc de quoi me réjouir de la découverte.