Quatre causes ont, selon nous, détourné l'attention du public de cet objet important:

On doit voir maintenant que l'adoption de tarifs modérés dépend entièrement du prix de revient des transports et des autres frais qui en sont forcément la conséquence. Nous devons donc prendre en considération:

Le chemin de fer de Londres à Birmingham a la réputation d'être l'un des mieux administrés du royaume. Un extrait de ses comptes semestriels nous fera voir quelles sont les différentes causes de dépense, et à combien elles s'élèvent pour chaque article. Je les ai classées sous trois titres: 1º dépenses générales pour l'entretien du chemin de fer; 2º dépenses particulières de traction; 3º dépenses spéciales en dehors du contrôle de la compagnie:

1er TABLEAU.

Dépenses du chemin de fer de Birmingham pour le deuxième semestre de l'année 1842.

1º Dépenses de police6,200 liv.
Transport des voyageurs 16,281
Salaires et gages pour le transport des marchandises2,135
Dépenses pour direction, surveillance, secrétaires,commis, frais d'insertion et de bureau, etc.8,309
Total32,925
2º Entretien de la voie22,711 liv.} 84,196
Frais de traction38,640
Réparation des voitures8,633
Entret. et remplac. du matériel14,212
3º Impôts des paroisses7,771 } 21,848
Droits sur les voyageurs14,077
Total138,969[6].

Les recettes pendant la même époque se sont élevées à la somme de 420,958 liv., le bénéfice net a donc été de 281,989 l.[7] et la dépense comparée à la recette a été de 33,012 p. % ou à peu près. Nous avons compris, dans le tableau ci-dessus, le transport des marchandises et des voyageurs. Ces deux branches d'exploitation donnent à peu près les mêmes bénéfices et coûtent autant.

Ainsi donc, le prix du transport de chaque voyageur est environ le ⅓ de ce qu'il paie, en admettant, ce qui doit être presqu'évident, que la compagnie taxe chaque classe de voyageurs en proportion de la dépense qu'elle lui occasionne.